Dans une goutte d'eau, l'univers

Il y a du Soulages dans les photographies de Jean-Louis Vanesch. Comme le peintre français, il aime le noir pour y puiser la lumière.

Si je pouvais mettre un nom sur ce qu'il y a dans l'image, elle n'aurait plus aucun intérêt. » Voilà qui est dit. Les photographies de Jean-Louis Vanesch (Liège, 1950) ne racontent rien, ni sur lui, ni sur les autres. Comme pour de nombreux peintres, la lumière est le seul sujet des £uvres et pour en capter les présences fugitives... il se promène, tout simplement. Toujours prêt mais sans intention préalable, il attend les petits événements éphémères, ces miracles discrets qui s'accrochent aux détails comme aux lointains. Chaque photo, comme chaque tableau pour le peintre, devient alors le point de départ de la suivante. Du coup, l'£il s'aiguise, se fait plus exigeant et toujours plus subtil : « La photographie, c'est finalement, confiait-il à Jean-Louis Godefroid, un rectangle à animer avec des forces, des lignes, des formes et des lumières. » Celles-ci peuvent se concentrer dans une goutte d'eau de pluie retenue par une feuille, se disperser dans la composition le long des branches obliques ou encore illuminer un champ de fleurs à la manière d'une nuée rampante : « Et pour ça, l'argentique est merveilleux, c'est la seule chose qui capture la lumière et où les grains d'argent se transforment en noir, en blanc, en gris uniquement avec la lumière qui entre dans le négatif. »

Bruxelles, Espace Contretype. 1, avenue de la Jonction. Jusqu'au 17 janvier 2010. Du mercredi au vendredi, de 11 à 18 heures. Le samedi et le dimanche à partir de 13 heures. www.contretype.org

A lire : Jean-Louis Vanesch, Monographie, éd. Yellow Now.

GUY GILSOUL

Le Vif/L'Express - 31-12-2009