• Texte "Carole"

Aux images d'une enfance recréée, d'un paradis de Pologne ou d'ailleurs, mais slave en tout cas, répondent maintenant celles de l'innocence retrouvée au travers de sa propre fille.

Aux yeux grands ouverts des enfants émigrés des séries précédentes- émigrés doublement... géographiquement et trop tôt de leur propre enfance- se substitue maintenant le corps entier du bébé... qui reçoit le monde par tout ce corps... qui ne voit pas la nature, qui en fait encore pleinement partie. Dès lors, logiquement, ces photographies excluent le regard, le visage même de l'enfant modèle.

Lucia vit maintenant le paradoxe de se retrouver photographiant des instants d'avant, du temps où nous ne sommes pas encore spectateurs. Le corps du bébé, la chevelure de la toute petite fille lui servent maintenant de médium pour exprimer un rapport plus sensuel au monde. Le passage de la vie dans son enfant correspond aussi à l'entrée entière de celle-ci dans ses photographies.

Si auparavant Lucia était la complice amusée des jeux de ses modèles, c'est elle qui maintenant, à travers Carole se roule dans l'herbe, s'abandonne à la lumière et au vent.

 Jean-Louis Vanesch, (père de Carole)

  • Texte pour l'exposition à la galerie Ars Lineandi, 2006

petites réflexions rapides sur cette affiche…

 …un parcours à deux voies, comme cette route… trente ans de vie et de photographies… liées…

 …un parcours comme cette route… petite départementale, loin des nationales, des autoroutes (quoique !),du trafic… tranquille…

 …un parcours comme cette route.. qui part du néant et vient vers vous, ou à l’inverse qui vous emmène vers le noir de certaines images, un noir où comme sur cette route sinueuse il faut prendre le temps de voyager lentement…

 … images sauvées par la mémoire … celle que l’on a retenues, qui viennent de suite à l’esprit après toutes ces années de pratique…

 

…images sauvées par le hasard … comme celle de cette affiche, petit tirage retrouvé en préparant
cette exposition…

 

…images sauvées par souvenir, par association, images liées à une personne,un lieu, une époque…

 

…images sauvées entre toutes celles que le monde nous propose à chaque instant…

 

…images sauvées, on l’espère, par une petite part de magie que l’on a pu y insuffler ou y capturer…

 

…images sauvées par le travail de nos mains…sous l’agrandisseur, dans la lumière, la modelant, l’harmonisant…

 

…images sauvées parce que matérialisées, échappant au virtuel de millions d’autres circulant sur les écrans…

 

…images sauvées…rescapées…entre films perdus, égarés,jamais ou pas encore développés,entre problèmes techniques avec nos vieux nikkormat,une cellule capricieuse,ou pas de cellule, un film difficile à apprivoiser… 

jean-louis van esch,retinne,le 6 octobre 2006…

  • Texte pour De Markten

Le jardin est celui autour de notre maison,au Pays de Herve..Rien d'extraordinaire.Mais cela peut prendre une vie pour explorer ces queques mètres carrés.Les contraines sont là ,voulues,assumées .Celles du lieu et celles de la photographie argentique,en noir et blanc.Et ce sont justement ces contraintes qui nous permettent d'avancer.C'est le regard qui doit s'aiguiser,le vocabulaire visuel s'élargir.Nous pouvons ,alors,au mieux rendre la lumière .

Et avec elle les formes et les forces de ce petit univers...qui contient tout le reste !C'est un voyage lent,en profondeur ,vers les choses,le monde,en suivant la lumière...rien d'autre.

 Jean-Louis Vanesch, fin octobre 2007

 

  • Texte pour l'exposition de Malmedy, 2007

La plupart de ces photos ont été prises dans notre jardin, autour de notre maison, au Pays de Herve. Rien d'extraordinaire. Mais cela peut prendre une vie pour explorer ces quelques mètres carrés.
Les contraines sont là, voulues, assumées. Celles du lieu et celles de la photographie argentique, en noir et blanc. Et ce sont justement ces contraintes qui nous permettent d'avancer. C'est le regard qui doit s'aiguiser, le vocabulaire visuel s'élargir. Nous pouvons alors au mieux rendre la lumière.

Et avec elle, les formes et les forces de ce petit univers... qui contient tout le reste! C'est un voyage lent, en profondeur, vers les choses, le monde, en suivant la lumière... rien d'autre.

 Jean-Louis Vanesch, fin octobre 2007